Le Voyage de Fabio
Un an


Nos amis les plus proches et nos familles se sont rassemblés un an après la disparition de Fabio au cimetière de Gif-sur-Yvette, avant de se retrouver à Paris pour un moment de convivialité autour d'un verre. La journée de recueillement du 18 juillet 2026, placée sous le signe de l'amour et du souvenir, a été très émouvante.
Mon ami Nicolas a officié la cérémonie et donné successivement la parole aux amis qui ont tenu à témoigner.
Je vous invite à retrouver ci-dessous les discours et les photos de cette journée, présentés dans l'ordre chronologique, en écoutant Storm, la composition de Fabio, que Timoté a récemment "masterisé",
puis Takarajima de T-Square, morceau de piano que Jisoo a enregistré avec Fabio dans ses pensées.
Photos de la journée








Gabriel Kheradmand

Fabio,
Cela fait un an que tu es parti, que notre insouciance s'est envolée, que je ne peux plus t'envoyer de messages pour te dire que quelque chose probablement incohérent, anecdotique, et incompréhensible pour les non initiés m'a fait pensé à toi.
J'ai rêvé de toi et je sens que tu vas bien, là où tu es. Dans ce rêve tu avais l'air serein et modérément enthousiaste, comme à ton habitude.
Suite à ton départ, l'ordre de notre vie a été bouleversé. Nous avons pris l'habitude avec le groupe qui s'est rendu a Montréal de soirées un peu folles. Cela commence par un restau, souvent d'Asie du Sud est, puis une glace. Un classement très sérieux nous a permis de déterminer que c'était Bertillon le meilleur. Puis sur les coups de 22h, l'idée d'un karaoké est évoquée sous forme de blague, souvent par Cécile. Alice répond qu'elle avait déjà regardé 5 minutes plus tôt et qu'il y a de la place si on arrive à 22h50.
Nous sommes devenus des habitués du karaoké. Des professionnels. On sait quelle salle a un son pourri. La dame a l'accueil nous offre des boissons gratuites, et elle s'appelle Rachel.
On ne chante pas n'importe quoi. Surtout des chansons qui nous parlent, qui sont belles et qui à partir de maintenant laissent transparaître des détails sur nous n'avions jamais remarqué: Elles évoquent la perte d'un être cher, la confusion, les dilemmes.
Ca et Lean Back de Fat Joe avec ma danse signature.
Quand on chante, Vincent nous fait signe pour nous rappeler de chanter avec le diaphragme.
Ces soirées chaotiques et folles le rappellent les fêtes dans la maison de Vitry. Elles nous font nous sentir plus jeunes que nous le sommes, libres et proches les uns des autres.
Puis il y a eu ces occasions précieuses de voir ta sœur Sara, PA, Alessia et Elio. A boutigny, à la réunion, Et dernièrement après le congrès des pédiatres où Sara a respecté toutes les règles de déontologie sur les frais professionnels.
A travers eux, comme avec Alex et Razel et vos amis de Montréal, je retrouve un peu de toi. Une pièce cachée du puzzle Fabio, 2000 pièces , a faire le dessin retourné contre le sol, avec uniquement la forme des puces.
Je retrouve ton histoire, ta personnalité, nos souvenirs et je découvre aussi que tu étais plus influencé par nous autres que je le pensais. J'ai découvert ou compris que tu m'aimais peut être autant que je t'aimais.
Le rythme de folie s'est calmé, et même si je ne dirai pas non à un karaoké ce soir, nous avançons dans notre deuil, une expérience étrange qui nous fait prendre de la hauteur, être plus honnêtes, plus déterminés.
Cécile nous impressionne et nous inspire chaque jour par sa volonté et sa force de caractère, c'est une véritable battante. Victor va devenir un "Stremon" avec 3 entraînements de crossfit par semaine. Alex a fait son premier muscle up.
Alice et moi pensons à toi chaque jour.
La fin de ce discours sonne comme la narration à la fin d'un film basé sur une histoire vraie devant laquelle je me serais endormi au bout de 15 minutes.
En me réveillant je pose la question: "du coup c'est fini?". Ben non, ça continue.

Photo prise par Gabriel à Montréal en juillet 2025 avec tous nos proches venus sur place
Duy Cao

Mon cousin Duy vivant à Montréal, c'est son frère, Anh Tu, qui a lu sa lettre.
Mon cher Fabio,
Il y a un an, nos vies ont basculé. Il n'y a pas un jour où je n'ai pas pensé à toi.
Quand je repense à toi, ce sont d'abord les plus simples moments qui me reviennent. Je revois encore cette dernière soirée de 'Maître Sushis" (ce cadeau que vous m'aviez offert pour mon anniversaire avec Cécile).
Sur le moment, c'était simplement une belle soirée entre "Caribous", remplie de rires et de bonne humeur. Nous étions loin d'imaginer que ce serait notre dernier moment ensemble ... Avec le recul, malgré toute la tristesse que cela représente, je suis profondément reconnaissant d'avoir partagé ce moment ensemble ... C'est devenu un de mes souvenirs les plus précieux.
En vivant à Montréal, loin de nos familles, amis, ... notre amitié est devenue bien plus qu'une simple amitié. Sans même qu'on ne s'en rende compte, tu es devenu comme un frère pour moi. Je repense souvent à notre fameux "check du bro", ce petit geste qui faisait sourire et qui résumait notre complicité. Ce sont ces petites choses qui, aujourd'hui, prennent une valeur immense.
Ton départ a laissé un vide immense. C'est un rappel que la vie est précieuse, fragile et imprévisible. Depuis, j'essaie de ne jamais laisser pour acquis les moments passé avec ceux que j'aime... Tu m'as laissé cette leçon de vie sans même le savoir...
Tu nous manques profondément. Le temps passe, mais il n'effacera jamais les souvenirs que nous avons construits ensemble.
Je parlerai de toi à Elina pour qu'elle sache quel Tonton extra tu aurais été.
Avec tout mon amour et un immense pincement au coeur, je te remercie pour tout mon bro. Repose en paix Fabio ❤️

Fabio, Duy et Cécile au cours de cuisine japonaise le 15 juillet 2025 à Montréal

Fabio et Duy en week-end en châlet dans la région des Laurentides
Amanda Intrala

Amanda vivant à Montréal, c'est son beau-frère, Eddie, qui a lu sa lettre.
Mon cher ami Fabio,
Un an déjà que tu nous as quittés. J'ai l'impression que c'était hier que je revois ton sourire lumineux après notre dernière soirée "Margarita". Je me rappelle m'être dit que tu étais beau. Un aura joyeuse et vivante émanait de toi. On pouvait lire ton envie de croquer la vie à pleines dents et de profiter à fond des festivités de Montréal. On s'est quittés (trop rapidement) avec tant de beaux projets, aujourd'hui, suspendus.
Un an plus tard, l'été est de retour après un long hiver maussade. Et quelle tempête nous avons traversée, notre vie de maintenant ressemble si peu à celle du temps où tu étais là. Nous sommes quatre. Elina est arrivée le 13 septembre 2025. Tu aurais tellement aimé la rencontrer. Elle est souriante, observatrice, avec déjà une belle force tranquille. Comme toi, lors de ce dernier soir, elle est prête à croquer la vie à deux dents (littéralement). À seulement dix mois bientôt, elle est sur le point de faire ses premiers pas. Ce n'est pas étonnant, elle a une super tata qui l'entraîne tous les jours depuis quelques mois. Tu le connais bien, c'est Tata Thao ... Et à chaque fois que je prononce ces deux mots, je ne peux qu'y penser à la voix qui se glisse entre les syllabes.
Ta belle Cécile est revenue pour quelques mois à Montréal, et on a eu le bonheur de partager notre quotidien avec elle. Tu serais si fier d'elle, de la femme qu'elle reconstruit. Chaque jour, elle lutte, mais chaque jour, elle puise aussi dans une force intérieure insoupçonnable. Une force qui lui est propre. Une force qui inspire. Une force qui se vit. Elle accueille avec authenticité ses émotions. Elle pose ses limites, les exprime. Elle choisit, expérimente, elle ose, et tout ça, pleinement en conscience. C'est inspirant de la voir cheminer vers la femme qu'elle décide de devenir. Tu ferais ce petit sourire en coin qu'on visualise tous très bien avec ce regard admirateur, mais au fond, pas de surprise, car depuis le début, tu savais déjà de quoi elle était capable.
Malgré la distance qui vous sépare aujourd'hui, sois en certain que nous veillons chaque jour sur ta douce. Elle n'est pas seule, toute une cohorte de proches qui l'aimes sont là, y compris ta soeur, ta nièce et neveu, ton beau-frère, ton père, ton oncle et tant d'autres. Dans les petits matins difficiles comme dans les victoires du quotidien, nous répondons tous présents. Nous sommes tous unis et présents grâce à toi. Continue de vivre en paix. On s'occupe de tout ici. Promis ❤️
Amanda

Festival de musique Osheaga à Montréal en août 2024 avec Amanda, Hortense, Cécile, Fabio et Duy

Amanda, Fabio et Duy, en week-end en châlet dans la région des Laurentides
Lorraine Simon

Lorraine vivant à Montréal, c'est notre amie, Alice, qui a lu sa lettre.
Fabio,
Tu sais ce même soir de juillet il y a un an, je prenais un vol pour visiter ma famille en France.
J'écrivais naïvement : "Gros bisous les copains je suis dans l'avion 😘😘❤️❤️".
Je pensais avoir le temps. Parce qu'on pense toujours avoir le temps...
Le temps pour aimer.
Le temps pour se disputer.
Le temps pour se quitter, puis se retrouver.
Je peine toujours à réaliser que tu n'es pas en voyage. Pour le travail, ou que sais-je..
Alors parfois.
Souvent même, j'ai cette douce impression de pouvoir traverser ces quelques rues pour vous rejoindre chez vous.
D'avoir encore le temps de parfaire ma recette de crumble,
Ou de pouvoir t'écouter me conseiller sur la découpe du basilic,
De te voir sourire béatement en nous disant que non, tu n'as pas bu,
De t'entendre dire "la chienne" et maintenant, sûrement "le petit", avec ton sourire en coin,
De te faire tiquer du nez et froncer les sourcils lorsque tu n'es pas d'accord avec moi.
De t'entendre dire que tu n'as rien compris car je parle trop bas,
Et puis si j'ose le dire, de refaire des concours d'apnée où je ne peux m'empêcher de rigoler sous l'eau, à tes côtés et pour ton plus grand désespoir.
Sans toi, puis subitement avec le départ de Cécile, c'est un bout de notre famille montréalaise qui s'en est allé. Celle que l'on s'est construite en un rien de temps.
Dès ces premières secondes, lorsque mon regard s'est posé sur vous, en contrebas de chez Amanda et Duy, avec toute l'excitation de vous avoir attendus durant 17h.
Et durant tous ces moments privilégiés que nous avons passés ensemble. Comme lorsque vous m'hébergiez à Toronto, ou lors de votre déménagement pour Montréal.
Je chéris toutes ces fêtes et anniversaires qui n'étaient qu'une occasion de plus pour nous retrouver, et célébrer le temps qui passait.
Aujourd'hui, je suis triste de cette année écoulée, tant tu nous as manqué. Et si j'ai mal de ton absence, j'ai d'autant plus mal pour Cécile. J'aimerais pouvoir lui ôter ne serait-ce qu'une infime part de sa peine.
Tu sais Fabio, tu serais tellement fier d'elle. Elle ne se ménage pas pour se confronter à ton absence. Elle te dira le contraire mais elle avance à pas de géant.
Certes, si bien entourée par ta soeur, son frère,vos familles, vos ami.es. Mais c'est avec elle seule qu'elle se couche, puis se réveille.
Vous qui faisiez tout à deux.
Elle dit qu'elle a pris de toi mais je pense qu'elle avait déjà beaucoup en elle.
Comme ce courage dans lequel elle t'abrite, qui lui permet d'avancer un peu plus chaque jour.
Une chose est sûre Fabio, c'est que nous ne t'oublierons pas. Merci de tout ce que tu as laissé en chacun de nous. Je terminerai en partageant cette citation de Jean Cocteau : "le vrai tombeau des morts, c'est le cœur des vivants".
À l'homme bon, intègre et brillant que tu as été.
Lorraine

Lorraine, Cécile et Fabio dans le camion de déménagement de Toronto à Montréal en juillet 2024.
Nicolas Bruneel

ll y a un an, nous perdions quelqu'un d'exceptionnel, un compagnon, un fils, un frère, un ami.
Fabio, tu fais partie de ces rencontres qui laissent une empreinte indélébile que le temps ne peut effacer. Tu avais cette curiosité insatiable qui te poussait à t'intéresser à tout : la physique, l'astrologie, la photographie, les voyages, la musique, l'intelligence artificielle et la robotique bien sûr mais aussi les histoires ou les anecdotes improbables de tes amis dont j’ai la chance de faire partie... (la chouette d’Or !)
Tu étais d'une intelligence rare, mais jamais écrasante. Tu savais transmettre, expliquer, partager avec enthousiasme. Tu avais ce mélange si particulier de rigueur et d'émerveillement, cette capacité à voir le monde comme un immense terrain d'exploration. Ton parcours en témoigne : une thèse reconnue, un travail dans l'une des entreprises les plus exigeantes au monde, franchissant une à une toutes les étapes pour y parvenir. Tu peux être fier de tout ce que tu as accompli.
Mais ce qui faisait de toi quelqu'un d'inoubliable allait bien au-delà de tes talents. Tu étais un ami sincère, fidèle, drôle et toujours présent. Un musicien hors pair capable de faire passer tant d'émotions sans dire un mot. Tu avais ce don de rendre les moments ordinaires extraordinaires.
Quand je pense à toi, beaucoup de souvenirs émergent. Ton anniversaire dans ce moulin, où nous nous étions baignés en pleine nuit. Notre week-end à Amsterdam, persuadés d'avoir trouvé des champignons hallucinogènes... qui n'en étaient finalement pas. Notre weekend chez vous à Londres, notre balade au château de Versailles, où, comme toujours, une simple promenade devenait une succession d'histoires, de réflexions et de fous rires. Ces instants paraissaient simples sur le moment. Aujourd'hui, ils ont une valeur inestimable.


Et puis, il y avait vous deux. Dix-sept années d'un amour profond, sincère et indéfectible. Vous vous êtes choisis chaque jour, avec une fidélité et une complicité qui force l'admiration. Vous partagiez bien plus qu'une vie commune : vous partagiez la même curiosité, le même émerveillement devant le monde, le même goût pour les voyages, la musique, la photographie et toutes ces expériences qui donnent du relief à une existence. Ensemble, vous avez parcouru les routes du monde (le Japon, la Corée, le Vietnam, les Etats-Unis, l’Oman et tant d’autres), vécu des instants d'une intensité rare et construit une histoire faite de découvertes, de rires, de projets et d'amour. À vos côtés, on comprenait que le bonheur pouvait aussi résider dans cette évidence d'être deux, d'avancer dans la même direction et de se nourrir l’un de l’autre. Votre histoire est de celles qui marquent, parce qu'elle est authentique, belle et portée par un amour sans limites.
Fabio, tu nous manques. Tu manques à ceux qui t'ont aimé, à ceux qui ont eu la chance de croiser ta route, et tout particulièrement à celle qui partageait ta vie Cécile. Je mesure la chance que j'ai eue de vous connaître tous les deux, et d'avoir pu être témoin de votre amour inconditionnel.
Cécile, depuis plus de quinze ans, j'ai la chance de te connaître et de te compter parmi mes meilleurs amis. Cette année a été une épreuve immense, et nous admirons tous la force, le courage et la dignité avec lesquels tu avances jour après jour pour te reconstruire. Rien ne remplacera jamais celui que tu as tant aimé, mais sache que tu n'es pas seule. Nous serons toujours là, tes amis, ta famille pour partager les jours lumineux comme ceux qui le sont moins, pour t'écouter, te soutenir et t'aider à avancer sans jamais oublier. Parce que l'amitié, comme l'amour que vous avez partagé, continue de vivre dans les gestes, dans la présence et dans les liens que le temps ne défait pas. Tu pourras toujours compter sur nous.
J’ai toujours trouvé très vraie cette phrase de Victor Hugo « Ceux que nous avons aimés et que nous avons perdus ne sont plus où ils étaient, mais ils sont partout où nous sommes. »
Alors oui Fabio, tu seras toujours présent à nos côtés. Tu continues de vivre dans nos pensées, à travers nos rires ou le son mélodieux d’une chanson. Tu es présent dans tous ces petits instants du quotidien qui, sans prévenir, ravivent ton sourire, ton humour et cette soif de comprendre le monde qui te caractérisait si bien.
Tu nous manques et nous continuerons perpétuellement d’honorer ta mémoire. Tu resteras dans nos cœurs pour l’éternité.
Nicolas
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Rituel des fleurs












Jérémie Boulay

Jérémie vivant à Montréal, c'est notre ami Gabriel qui a lu sa lettre.

Cher Fabio,
On dit souvent que des cendres d’un brasier renaît une forêt plus forte.
Je n’en sais rien, mais c’est ce que nous essayons tous de faire depuis maintenant un an.
Quand je dis « nous », je pense à Cécile, Sara, vos familles, tes neveux.
Je pense à notre auberge montréalaise qui semble bien vide, à tes amis proches et fidèles ou encore tes collègues chez qui on retrouve quelque chose de toi. Des dizaines de visages et d’histoires qui m’ont permis de te découvrir autrement, à travers leurs souvenirs et leur amour pour toi, Fabio. Nous vivions ensemble, très proches, tout en gardant chacun une certaine pudeur pour ne pas trop nous dévoiler. Des précautions futiles que je regrette aujourd’hui amèrement et qui ont bridé une amitié
grandissante qui méritait de prendre plus de place.
Alors je pense à tous ces moments qui n’auront pas lieu : nos grands échanges encore à venir, nos sessions de musique jamais commencées, nos vannes et nos jeux qui auraient dû devenir plus tranchants et nos loisirs qui auraient continuer à se multiplier. Et je découvre que j’ai perdu un ami qui m’apportait bien plus que je ne le réalisais.
Mais dans ces cendres que tu nous laisses, apprenons à chérir ce qu’elles
font naître. Chaque rencontre provoquée, chaque lien renforcé portent une trace de toi qu’il nous revient désormais de faire vivre. Nos rapprochements soudain nous aident mais sont aussi le début de nouvelles histoires que l’on se doit d’embrasser et d’explorer pour toi.
À cette amitié inachevée donc. Une amitié qui aurait dû continuer plus longtemps, mais qui continue malgré tout, autrement, à travers ceux qui restent.
À un de ces quatre,
Jérémie

Mélanie Martin
Message original en français, écrit le 18 juillet 2026



Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis Mélanie, une amie de Cécile. On s'est rencontrées à Dauphine et c’est grâce à Cécile que j'ai connu Fabio.
La 1ère fois qu'on s'est vus avec Fabio, c'était au H&M de Belle Epine (pour ceux qui connaissent), je faisais les boutiques avec ma mère et je tenais dans la main des sous-vêtements en solde. Je suis tombée sur Cécile par hasard et elle m'a dit "oh mon copain est là, viens je vais te le présenter". J'ai marqué un temps d'arrêt très gênée de me retrouver face au copain de ma pote avec des soutifs dans la main...mais Fabio s'est montré très gentleman et imperturbable et n'a pas fait de remarques particulières. Déjà il avait marqué des points d'estime...et en plus de ça, il avait des origines italiennes et sortait avec une Vietnamienne… oui, décidément c'est une personne qui a du goût.
Les années qui ont suivi ont été les plus belles années de ma vie d'étudiante et Fabio et toi, Cécile, y ont fortement contribué.
On a vécu tant de choses (les nouvel ans, les anniversaires, les matchs de foot, le parc Astérix, le gala de Phil à Lille et surtout le road trip aux USA), tant d'occasions festives ou même parfois tristes qui m'ont permis de le connaitre et de voir à quel point c'était une personne exceptionnelle.
Déjà il était intelligent, sérieux et déterminé.
J'ai toujours été très admirative de son parcours, et de la passion qui l'animait dans ses recherches et ses études...peu de gens ferait d'aussi longues études surtout quand tu vois tes potes commencer à gagner leur vie à côté. Mais j'ai vu sa détermination le jour où on s'est baladés dans le campus de Google durant notre road trip aux USA. Il savait déjà au fond de lui que c'était là son objectif : apporter sa pierre à l'édifice dans ces nouvelles technologies à venir.
Puis, il était drôle.
Derrière ce côté intello, il pouvait monter dans les arbres, se moquer gentiment de ses amis avec toujours ce sourire en coin, et un rire communicatif…ou leur faire boire une bouteille d'huile en faisant croire que c'est de la bière.


Il était surtout gentil, attentionné envers ses amis et surtout envers notre Cécile et tellement généreux dans ces sentiments et ses discussions.
Parfois je me dis que cette gentillesse, cette attention et cette générosité est vraiment l'ADN de cette bande de potes d'Epin. Une solidarité à toute épreuve et un amour fraternel fort !
Je garde tous ces souvenirs précieusement en moi !
Mais savoir que nous n'aurons plus l'occasion de vivre ces moments de partage est un déchirement.
Savoir qu'il est parti si soudainement et de cette façon est une injustice. Lui qui avait tant à offrir encore et tant à vivre.
Savoir que le temps continue malgré tout d'avancer est une punition.
Fabio, tu nous manques !
Cécile, je veux faire un petit mot aussi pour toi : te dire à quel point Fabio serait fier de toi, à quel point nous aussi on est fiers de toi, fiers de la force que tu fais preuve pour ne pas laisser tomber, de t'accrocher et de toujours essayer d'avancer pour te reconstruire.
Tu as fait preuve d'un tel courage jusqu'à présent. Continue, ne t'arrête pas. Nous serons là pour toi à chaque instant. Je serai là pour toi.
Mel

Florian Chabanon
"Ces" moments de vie
Depuis quelques années, en voyage, je me suis souvent surpris à rire de moi-même, à faire d'une blague de ce que j'appelle des "moments de vie" : "eh oh attendez les amis, il y a trop un moment de vie" et ce devait peut-être être des locaux en Amérique latine qui allait faire leur marché, bref des êtres semblables dans leur quotidien ; mais moi j'étais en voyage et ce quotidien me fascinait.
J'ai voyagé un an en 2025 et j'ai commencé cette incroyable expérience chez Cécile & Fabio pendant 15 jours. Et je peux vous dire que ces moments de vie il y en a eu de capturés, au point que ça devienne une moquerie sympa avec Cécile.
Et bref aujourd'hui je suis tellement heureux de les avoir là, réunis sur mon téléphone et de pouvoir vous partager une petite compilation.
Il ne faut surtout pas oublier les vidéos ! Car une photo c'est sympa mais une vidéo c'est vivant, c'est se remémorer une émotion, entendre une voix, ressentir une atmosphère à l'instant T, ...
Alors depuis la perte de notre si cher Fabio, je n'ai jamais trouvé autant de sens autour de ces moments de vie.
À tous, continuez à immortaliser les instants, les expériences. On a beau dire qu'on veut se couper du téléphone, de l'appareil photo, et puis un jour on regarde aussi derrière nous et on est content d'avoir sollicité un peu de technologies. Et au fond, tout est question d'équilibre.
Et puis je crois que pour la commémoration, cette compilation, même si elle fait mal, a permis de décrocher quelques sourires et rires timides. Le pouvoir des vidéos: de faire sentir la présence, de revivre ces instants, de les imaginer, et se retourner peut-être en espérant en rire avec Fabio...
Un instant où on se laisse aller ailleurs, et bien oui aussi ça ne fait pas de mal, gardons aussi ces bons souvenirs en tête.
A Fabio, à cette étoile qui brillera à jamais dans nos cœurs, dans nos pensées !


Corentin Bréhard
Message original en français, écrit le 18 juillet 2026 à Paris

Il y a un an, la vie de Fabio s'arrêtait, et celle de toutes les personnes présentes aujourd'hui était bouleversée.
Sa famille, ses amis, accoururent à Montréal pour lui dire au revoir et entourer Cécile. Nous vécûmes ces quelques jours ensemble comme une seule âme; alors que pour certains, nous ne nous connaissions pas un jour plus tôt, comme si l'esprit de Fabio s'était ouvert pour devenir un lieu d'accueil et d'amour où nous avons tous pu nous réfugier et nous soutenir.
Montréal quitté et le corps de Fabio à jamais loin de nous, la vie reprit son cours, devenu tumultueux et douloureux.
La mort de Fabio me paraissait absurde, insensée. Comment un homme aussi déterminé, aussi intelligent, aussi bon, pouvait mourrir du jour au lendemain ? Sa mort n'avait pas de sens, et je commençais à penser que la vie n'en avait pas non plus si on la laissait passer sans l'exigence et la curiosité qui étaient celles de Fabio.
En un sens, à quoi bon vivre pour faire moins, voir moins bien que lui, qui n'a pas eu l'occasion d'explorer et d'entreprendre tous les projets qu'il avait pu former avec Cécile ou son travail ?
Je me dis donc la promesse, en mémoire de Fabio et aidé par lui, d'entreprendre ce que je repoussais depuis l'adolescence, par passivité ou manque de courage.
Pour moi, ça serait l'écriture, mais je suis persuadé que chacun d'entre nous ici a puisé ou puisera dans le souvenir de Fabio la force d'entreprendre un projet longtemps laissé de coté ou jugé inaccessible.
Le beau roman de la vie de Fabio s'est terminé beaucoup trop vite, mais son esprit exceptionnel irradiera j'en suis sûr dans les pages encore à écrire de la vie de tous ses proches. Son corps nous a quittés il y a un an à Montréal, mais son esprit continuera de rayonner du Canada à la France, en passant par la Corée, tant que nous tâcherons de rester fidèles à ce qu'il était, c'est-à-dire tant que notre coeur battra, battra pour lui.
Fabio, que ce fut dur d'écrire ce texte imparfait et tremblant; je l'ai fait pour Cécile, pour toi, mais surtout grâce à toi.

David Salmon
Message original en français, écrit le 17 juillet 2026

Mon cher Fabio,
Un sentiment étrange grandit en moi ces jours-ci, car cela fait bientôt un an jour pour jour que tu es parti.
C'est encore complètement irréel car nous nous voyions de manière si espacée ces dernières années que ce "laps de temps" depuis notre dernière rencontre serait à peu près normal...
J'en ai beaucoup voulu à la vie cette année, qu'elle t'ait enlevé à nous de cette manière.
Je me suis beaucoup posé cette question: Pourquoi?
Et bien entendu, c'est une question qui restera sans réponse, mais je peux cependant répondre à un autre "Pourquoi".
Pourquoi ai-je tant de beaux souvenirs avec toi ? Pourquoi me manques-tu comme ça ?
Parce que quand je pense à Fabio, je pense à nos dernières conversations sur la vie, à toutes ces blagues depuis tant d'années, à Super Grave, à Bim Bam Boum, à Dream Theater et Gun's and Roses, aux batailles d'algues et de sable à Luc-sur-Mer, à ces interminables soirées à Vitry, quand on allait sonner aux portes et qu'on s'enfuyait en courant, à Londres, au Bureau des Légendes, à ce dernier nouvel an avec le Molki et le jacuzzi, à ton sourire narquois et ton air taquin pour tout et n'importe quoi, parce que Fabio pour moi, c'est tout cela pêle-mêle, et que c'est en moi, pour toujours.
Photos de la soirée






Louana Rondini
Message original en français, écrit le 13 juillet 2026
Fabio, j'espère que tu penses à nous de là où tu es, car nous pensons à toi ici. Ton absence reste insensée et pourtant bien ancrée dans les âmes, dans les corps pour certain.e.s. Impossible de ne pas se demander ce qui aurait pu être vécu avec ou grâce à toi, on ne peut que s'accrocher à ces idées.
Sache que tes proches sont d'une force et d'un courage lumineux, continue de suivre cette lumière pour nous rappeler que tu es là comme tu as déjà pu le faire, ce sont des cadeaux acceptés avec joie.
Impossible d'écrire à Fabio sans penser à toi Cécile ; on ne répare pas les vivants on les réassemble. Le temps est le pire ennemi mais également le meilleur allié et cette célébration plus rapide qu'anticipée car il continue de défiler. Tout comme tu continues de briller, malgré tout, ou plutôt avec tout. Tu permets de faire exister vos souvenirs et de réarranger ce puzzle qu'est la vie avec intention et amour, c'est la plus belle façon de rendre hommage à Fabio. Merci
Philippe Inthavong
Message original en français, écrit le 16 juillet 2026
Lorsque tu es parti, le temps s’est suspendu.
Nous nous sommes tous rassemblés pour te dire un dernier au revoir.
Puis, en un instant, une année s’est écoulée.
La marche du monde n’attend pas, elle nous a vite rappelés à l’ordre.
Chaque jour qui passe, nous changeons un peu, nous restons les esclaves du Temps.
Mais les souvenirs que nous gardons de toi, eux, se sont à jamais cristallisés.
Nous ne t’oublions pas, Tu nous manques.
Thomas Khau
Message original en français, écrit le 17 juillet 2026

Fabio,
Cela fait déjà un an que tu nous as quittés tragiquement, et pourtant, ton souvenir reste profondément vivant.
Je repense souvent au début de notre histoire, quand on se connaissait au lycée, en première et en terminale, à Épin, en France. À l’époque, je te côtoyais surtout à travers Cécile. Je me souviens de ton talent pour la musique, de ton univers à toi, de tes vidéos gores aussi, qui faisaient partie de ton identité et de ta créativité. Même jeune, j’ai toujours eu une image très positive de toi. Tu étais sérieux, bien élevé, posé, avec quelque chose de profondément respectable.
Avec le temps, j’ai découvert une autre facette de toi : ton ambition. Je l’ai particulièrement ressentie en 2016, lorsque je vous ai rendu visite à Londres, pendant que tu y faisais ta thèse. Je t’ai vu avancer avec détermination, construire ta vie avec Cécile, poursuivre tes objectifs, et déjà chercher à devenir meilleur.
Mais je crois que c’est surtout lorsque vous avez déménagé à Toronto que j’ai vraiment appris à te connaître. Là-bas, notre relation est devenue plus naturelle, plus simple, plus proche. J’ai découvert ta bienveillance, ton sérieux, ton sens de l’accueil, et cette ambition que nous partagions tous les deux : celle de toujours vouloir progresser, dans le travail, la santé, le sport, les finances, et surtout dans cette quête de devenir la meilleure version de nous-mêmes.
Je suis très heureux d’avoir pu me rapprocher de toi au Canada. Ton amitié était simple, sincère et naturelle. Je sentais ta générosité, ton cœur pur, ta volonté d’aider les autres. Je me souviens notamment de ce moment où tu m’avais invité à manger dans les bureaux de Google, et où tu avais pris le temps de me conseiller dans mes doutes de carrière. Ce n’était pas juste une conversation. C’était une preuve de ta présence, de ton écoute, de ta capacité à être là pour les autres.
Je suis reconnaissant d’avoir eu avec toi des discussions profondes, surtout ces dernières années. Nous avions tous les deux quitté nos familles, nos amis, nos repères, à la recherche de notre bonheur. Nous savions ce que cela voulait dire de traverser des frontières, de prendre des risques, de construire une vie ailleurs, sans avoir peur des montagnes à gravir. Dans ce parcours, j’ai découvert en toi une très belle personne, quelqu’un sur qui je pouvais compter. Et ce sentiment était naturel.
Il y a un an, j’ai vu l’impact immense que tu avais eu sur tant de vies : tes amis d’enfance, tes collègues, ta famille, Cécile, et toutes les personnes que tu as pu sauver après que tu nous ai quitté. Cela m’a profondément bouleversé. Mais au milieu de la tristesse, j’ai aussi ressenti une immense fierté et beaucoup d’honneur d’avoir pu te connaître, partager des moments avec toi, et faire partie, même très modestement, de ton histoire.
Où que tu sois aujourd’hui, j’aimerais que tu saches que tu as marqué des vies. Tu en as même sauvé. Tu as laissé derrière toi de l’amour, des souvenirs, de l’inspiration et une trace qui ne disparaîtra pas.
Je suis certain que tu as vécu une vie remplie d’amour, d’émotions, de défis, de voyages, d’ambition et de sens. Une vie trop courte, injustement trop courte, mais une vie qui a compté. Profondément.
Merci pour ta bienveillance. Merci pour ton exemple. Merci pour les discussions, les conseils, les souvenirs et la personne que tu étais.
Je suis triste que tu ne sois plus là, mais je suis fier et honoré de t’avoir connu.
Avec toute mon affection,
Thomas
Catherine Yu
Message original en français, écrit le 18 juillet 2026

Cette photo est l’un des meilleurs souvenirs que je garde de Fabio : après avoir passé une soirée entière dans le blizzard canadien, le soulagement d’avoir retrouvé Suna le lendemain a vite fait place à la joie et le bonheur d’être tous ensemble.
J’étais en binôme avec Fabio lors de cette fameuse soirée de blizzard et malgré l’inquiétude, ce sont tant de facettes de lui que j’ai pu à nouveau admirer chez lui : son calme et sa logique très cartésienne dans la conduite des recherches, sa persévérance sans faille, son humour malgré l’angoisse de la situation, sa bienveillance à me demander toujours si je n’ai pas trop froid avec ma cape d’hiver parisien dans le blizzard canadien (tout en se moquant gentiment de moi de ne pas être venue plus équipée), son sens de l’hospitalité en me décrivant tel un guide touristique les endroits que nous traversions dans notre zone de recherche (les dessous de l’autoroute et la zone industrielle), son agilité physique lorsqu’il a fallu « capturer » Suna qui jouait à cache cache dans ce terrain privé au bord de la rivière lorsqu’il lui a bondi dessus pour l’attraper malgré des nuits très courtes et pleines d’anxiété, et enfin toute la tendresse qu'il avait pour Suna et surtout le soutien infaillible pour ma Ceciloute qui se rongeait jusqu’au sang.
C’est à ce Fabio multi-facettes que je pense aujourd’hui en ce jour si triste, mais qui me rappelle combien je suis fière d’avoir connu un homme aussi admirable.
Remerciements
Je souhaitais remercier Nicolas de m'avoir aidée à organiser cette journée et de m'avoir demandé de prendre la parole pour rendre hommage à Fabio. Je n'avais aucune idée de comment organiser cette journée, et son initiative m'a donné l'envie de proposer à ceux qui le souhaitent de dire un mot, rendant cette journée particulièrement émouvante grâce aux témoignages de chacun. Je te remercie d'avoir accepté la tâche difficile d'officier ce moment. Tu as été, comme à ton habitude, d'un grand charisme et d'une parfaite justesse, trouvant le bon équilibre entre solennité et légèreté, et ce malgré la charge émotionnelle. Merci mon Nico d'être l'ami incroyable que tu es pour moi depuis quinze ans.
J'aimerais remercier du fond du coeur amis et cousins qui ont tenu à écrire pour Fabio. Gabriel, Duy, Amanda, Lorraine, Nicolas, Jérémie, Mélanie, Corentin, David, Louana, Philippe, Thomas, Catherine, merci de nous avoir partagés vos souvenirs avec lui, vos joies comme vos peines. Grâce à vous, sa trace continue de perdurer parmi nous.
Je remercie aussi Florian d'avoir monté cette vidéo regroupant des images de son passage chez nous à Montréal en janvier 2025. Elle contient des souvenirs indélébiles de ma vie avec Fabio au Canada, et ces images où on le voit bouger, rire, skier, marcher, sont devenues des repères tangibles qui me rappelleront à jamais le dernier chapitre de notre vie commune. Merci d'avoir capturé ces beaux moments, et ce malgré mes moqueries constantes (et jugeantes).
J'aimerais aussi remercier Timoté, d'avoir fait des réglages sur Storm, le morceau que Fabio avait composé au lycée à cette occasion, et Jisoo, de s'être enregistrée au piano sur le morceau Takarajima avec Fabio dans ses pensées, avec ce talent qui n'est plus à démontrer.
Merci aussi à mes techniciens préférés de m'accompagner constamment dans l'organisation de ces événements sur la partie logistique, Gabriel pour la sono, Roland pour l'ordinateur et pour les magnifiques photos.
Merci à ma Emilie d'avoir trouvé un endroit si adapté pour nous retrouver le soir et partager un moment de convivialité.
Merci à mes parents et particulièrement à mon Papa, de rendre hommage à Fabio par la stèle qu'il a confectionnée au Vietnam, et la lanterne qui contient une mini Gibson rouge représentant celle de Fabio, ainsi que la partition de la chanson que j'ai jouée aux funérailles.
Et enfin, merci à nos parents, oncles et tantes, frère et soeur, neveux et nièces, cousines et cousins, amis et amies, d'être venus si nombreux vivre cette journée avec moi. Merci de m'entourer de votre amour, et de témoigner envers Fabio une affection qui va au-delà du temps qui passe.
Cécile